Les Chroniques de VJC

18 juin 1944...Les SAS français livrent bataille à St Marcel !

le village de Saint-Marcel a abrité l'un des plus importants maquis de France, où s’est déroulé le 18 juin 1944, un combat mémorable qui a vu s'affronter les résistants bretons et les combattants du 2e régiment de chasseurs parachutistes (SAS) du commandant Bourgoin aux soldats allemands. Dans la nuit du 5 au 6 juin, les parachutistes SAS étaient largués sur la Bretagne, dans les Côtes d'Armor et le Morbihan, puis, à partir du 9 juin, à Saint-Marcel où se rassemblaient 2500 maquisards bretons. Regroupant autour d'eux des maquisards courageux, volontaires, qu'ils ont eu la surprise de découvrir très nombreux et encadrés. Les SAS décidèrent de les armer pour donner une autre dimension à leur mission. Malheureusement les parachutages massifs d'équipement et d'armement et les effectifs imprudemment concentrés dans la région de Saint-Marcel, alertent l'ennemi.

A Londres, le commandement est très inquiet de cette situation imprévue et dangereuse. Il donne l'ordre de la dispersion, mais l'intervention allemande devance l'évacuation, obligeant, dans la forêt de Saint Marcel, les SAS et les maquisards à livrer bataille en risquant l'encerclement.

Le 18 tôt le matin, anniversaire de l'Appel du général de Gaulle, la base de Saint-Marcel dans un semi encerclement est attaquée simultanément de plusieurs directions, par une unité de la division de parachutistes alle mands Krets et par des commandos de chasse appuyés par des mortiers et une artillerie légère. Bourgoin n'aura pas l'initiative de l'évacuation qu'il espérait. Il n'y avait plus qu'une seule solution, tenir toute la journée pour, en profitant ensuite de la nuit, déclencher un départ général, le plus en ordre possible. La bataille sera dure, meurtrière. Les SAS se sont répartis en quelques points vulnérables, entourés de jeunes maquisards qui vont connaître le baptême du feu, mais qui se battront avec un courage remarquable. On ne dira jamais assez combien les hommes de Caro, de Le Garrec, ceux du bataillon de Ploërmel vont dans ce combat contre des professionnels aguerris, étonner par leur sang froid, par leur fermeté face au danger. Ils furent tout au long de cette bataille formidables.

L'ennemi dans ses premières attaques a subi de lourdes pertes qui l'ont obligé à se replier et attendre le renfort d'une unité d'infanterie. En début d'après-midi aidés par des tirs de mortiers lourds contre lesquels les assiégés ne peuvent rien car ils n'ont que des armes légères pour la riposte, une percée des Allemands menace de couper la base en deux. Bourgoin et Puech qui ont bien mesuré les risques de cette offensive difficile à contenir sans artillerie sont en contact avec Londres et une intervention aérienne. Des avions patrouillent, qui pourront attaquer à l'heure dite des objectifs précis. A 16 h alors que l'ennemi progresse dangereusement, les chasseurs bombardiers font leur apparition, créant la surprise et obligeant à un repli massif et désordonné les unités qui menaçaient si dangereusement Dingson. Marienne profitant du désarroi chez l'assaillant se lança alors dans une contre-attaque aussi téméraire que le personnage qui eut pour effet de bousculer les positions conquises par l'ennemi depuis le matin, en lui infligeant de lourdes pertes et en le rame nant près de ses bases de départ.

L'offensive allemande ne pouvait reprendre qu'après une réorganisation de ses effectifs et heureusement pour Dingson, la nuit approchait. Le formidable orage qui s'abattit sur toute la région en début de soi rée fut le bienvenu et favorisa l'opération d'évacuation immédiatement engagée.L'ennemi n'avait jamais réussi l'encercle ment qui était son but et qui aurait été pour les SAS et les maquisards pilonnés alors par l'artillerie, une véritable tragédie. Dans la nuit sous une pluie diluvienne, les hommes et le principal des armes et du matériel se dispersèrent dans les directions prévues. A deux heures du matin, Puech-Samson malgré ses blessures et Marienne lui aussi blessé, assurant sa couverture avec ses hommes et un groupe du maquis, firent sau ter les réserves non transportables, avant de disparaître.

La bataille de Saint-Marcel était terminée. Elle fut le symbole de la lutte menée au coude à coude en Bretagne par les Paras de la France libre et les hommes des maquis. Elle fut une victoire car l'ennemi ne réussit pas à anéantir ce rassemblement de la jeunesse résistante bretonne dont seul le courage avait pu suppléer à son manque d'expérience du feu, encadrée par des paras SAS qui n'étaient pas préparés à ce type de combat. Les pertes allemandes furent très élevées, plusieurs centaines de morts. Après deux mois de combats acharnés en Bretagne, mission accomplie, le 4ème SAS aura perdu sur 450 engagés 77 tués, parfois fusillés après torture, et 197 blesses.  Du côté allemand, les pertes furent beaucoup plus élevées : on avance le chiffre de 600 morts.

Avec la bataille de Saint-Marcel, les Allemands découvrirent l’existence de forces bien armées et encadrées, en relation permanente avec l’état-major allié, qui leur infligèrent des pertes sérieuses. Quant aux Alliés, cette bataille leur apprit que la lutte armée clandestine ne pouvait être organisée à partir d’une base permanente. Le combat de Saint-Marcel eut un grand retentissement dans le Morbihan. En effet, pour la première fois, l’occupant y était tenu en échec...sic transit gloria mundi ! Au début 1942, la petite unité parachutiste français libre crée en Octobre 1940 par le capitaine Bergé fut intégré au SAS de David Sterling sous le nom de "french squadron". Opérant par petits groupes autonomes de cinq à dix hommes, ils lanceront des raids sur les arrières ennemis en Cyrénaîque et en Tripolitaine, contribuant avec leurs camarades britanniques, à la destruction de plus de quatre cent appareils de la Lufftwaffe.

Le spécial air service, avec sa spécificité, son éfficacité et son entrainement, ne pouvait manquer d'être employé dès le début de la grande bataille. Et le french squadron allait avoir l'honneur d'être la 1ère unité engagée sur le sol français. Le colonel Bourgoin ( photo : Col.Bourgoin, Deplante, Antebi et Puech- samson. ) , flanqué de son adjoint Puech- samson, apprend de la bouche du général Mc Leod, leur chef, l'étendue de la mission qui lui est confié. Votre rôle sera d'empêcher les unités allemandes stationnées en Bretagne de faire mouvement pour aller renforcer les défenses ennemies en Normandie...Dans ce but, vous devez principalement saboter les lignes de communication et harceler les convois routiers et ferroviaires, dans toute la presqu'ile. Au dernier moment, le grand secret est révélé aux chefs SAS français. Le débarquement étant prévu pour le 6 juin, ils seront parachutés dans la nuit du 5 au 6, première unité de toute l'armée alliée à se poser sur le sol de France...Qui Ose Gagne !

Publié le 18/06/2017

© 2010 - 2017 Veterans Jobs Center - SARL GABIRO - Tous droits réservés - Réalisation GFX Studios