Les Chroniques de VJC

27 novembre 1942...La Flotte de guerre française se sabordait !

Le 27 novembre 1942, l'armée allemande tente de s'emparer de la flotte française, alors consignée au port de Toulon. Près de 90 bâtiments français, dont la totalité des bâtiments de haute mer, se sabordent pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi. Tous les grands bâtiments de combat sont coulés et irrécupérables. La Royale de l’entre-deux-guerre est l’une des plus belles marine de guerre de son époque. Lorsque la guerre éclate, elle se présente comme un ensemble moderne et incontournable dans le rapport de force naval. La défaite de 1940 neutralise cette marine et en fait un enjeu entre Britanniques et Allemands. La main mise sur la Flotte française présentait un avantage stratégique indéniable pour les belligérants. Pour Londres, il s’agissait de neutraliser une force de combat encore dangereuse. Pour Berlin, c’était gagner une flotte de surface que l’Allemagne n’avait pas encore eu le temps de construire, et qui pouvait immédiatement peser dans le rapport de force avec l’Angleterre.

L'opération Lilas visant à s'emparer de la Flotte de guerre française est déclenchée quelques jours après l'invasion militaire de la zone libre. C'est en effet le 27 novembre 1942 que sur ordre d'Hitler les Allemands ont pour mission de s'emparer de cette flotte. Alors que le premiers véhicules allemands pénètrent dans Toulon, l’Amiral de Laborde ordonne le sabordage de la Flotte le 27 novembre 1942. Plus de 50 bâtiments de guerre moderne sont coulés dans la rade sans avoir combattu. 5 sous-marins parviennent à s’échapper mais 3 seulement rejoindront la Grande-Bretagne. La Royale ne servira ni l’Occupant ni l’ennemi héréditaire dans l’esprit de l’Amiral de Laborde.
 
Cinq sous-marins bravent les ordres de sabordage et parviennent à franchir les passes du port militaire au prix des pires difficultés. Deux rallieront Alger, le Casabianca et le Marsouin, un ralliera Oran, Le Glorieux. L'Iris ira trouver refuge à Barcelone tandis que la Vénus préférera se saborder en grande rade. Un seul bâtiment de surface, le Leonor Fresnel, du Service des Phares et Balises, ralliera Alger, après s'être échappé des Salins d'Hyères. Sur le Strasbourg, l'amiral de Laborde refuse de quitter son navire, il ne comprend toujours pas pourquoi Hitler a renié sa parole, celle de ne rien entreprendre contre la flotte française. Il faudra un ordre personnel du maréchal Pétain pour qu'il accepte d'abandonner le bord. En acceptant ce sacrifice, la Marine a respecté son serment de 1940, ne jamais livrer la Flotte a des mains étrangères.
 
Le bilan au soir du 27 novembre fait état de 90 % de la flotte sabordée, dont la totalité des Forces de haute mer. Tous les grands bâtiments de combat sont coulés et irrécupérables. Certains seront par la suite renfloués mais ne feront jamais que de la ferraille.Ce sont au total 235 000 tonnes sabordées dont 3 cuirassés, 7 croiseurs, 15 contre-torpilleurs, 13 torpilleurs, 6 avisos, 12 sous-marins, 9 patrouilleurs et dragueurs, 19 bâtiments de servitude, 1 bâtiment-école, 28 remorqueurs et 4 docks de levage. Seuls 39 bâtiments seront capturés, tous de petit tonnage sans grande valeur militaire car sabotés, endommagés, ou pour certains désarmés.
 
Le sabordage est cependant un terrible gâchis qui voit disparaître plus de la moitié de la Flotte. Au lendemain du conflit, la Marine française ne représente plus grand chose. Alors que le conflit indochinois s’allume, elle est sinistrée, vieillissante et sans moyens, plus que jamais dépendante du soutien britannique et américain. Pire, elle a raté toutes les révolutions technologiques et navales du conflit...Il serait bien prétentieux de parler de « brillante opération », dans ce désastre qui voit la disparition d'une des plus belle flotte que la France ait jamais comptée. Tout fut perdu, fors l'honneur...comme a dit François 1er à Pavie.

Publié le 27/11/2017

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