Les Chroniques de VJC

In Mémoriam...SAS Jean Gérard nous a quittés !

Jean Gérard nous a quittés le 7 juin dernier à l’hôpital de Briare, discrètement dans la nuit, comme s’il n’avait voulu déranger personne, comme il a vécu, modeste éclusier sur le canal de Briare, emploi obtenu avec l’appui du Colonel Bourgoin qui, après la guerre, lui proposa un poste de chauffeur à ses côtés à Paris. Proposition qu’il déclina, son destin serait à coté de Briare où lui et ses copains SAS avaient si brillamment combattus et où il avait rencontré celle qui deviendrait son épouse.

Jean GERARD est né le 13 novembre 1921 à Montmorot. Evadé de France par l’Espagne en janvier 1943, il est détenu pendant trois mois dans les prisons franquistes avant de rejoindre Gibraltar le 16 avril. Volontaire pour rejoindre la France libre, il embarque alors à destination de la Grande-Bretagne et atteint Liverpool le 2 mai. Engagé aux FFL à Londres le 2 juin, il se porte volontaire pour les parachutistes et est affecté à la 1re compagnie d’Infanterie de l’Air à Camberley au sein de la section Marienne. Avec ses camarades, il suit alors tous les stages avec entre autres le stage commando à Inverlochy puis Largo du 1er au 16 août et Ringway où il est breveté. En octobre, il participe au stage à l’Airborne Forces Experimental Establishment de Sherburn-in-Elmet au cours duquel la section Marienne bat le record de vitesse de saut groupé.

En février 1944, le bataillon rejoint la région d’Auchinleck et Jean est alors affecté au stick du Sgt/C Raufast au sein du 3e squadron du 4th SAS au sein de la troop Marienne. Les hommes poursuivent leur entraînement et les sticks parcourent les landes écossaises. Pierre Marienne ne les ménagent pas et se montre très exigeant.

Parachuté sur la base Dingson dans la nuit du 9 au 10 juin en même temps que le commandant Puech-Samson, Jean participe alors avec ses camarades à l’instruction et l’encadrement des maquisards. Au matin du 18 juin, Joseph Galliou et Jean Gérard encadrent un groupe de la section Rio du Bataillon Le Garrec. Les combats sont acharnés et les hommes se battent avec courage pour assurer la protection des abords du château de Sainte-Geneviève. En fin de soirée, les deux SAS se trouvent isolés et parviennent à se replier vers Callac où ils prennent les ordres. Avec Alain Papazow, Jean est alors affecté à l’instruction des patriotes du maquis de Calan, effectue des sabotages et participe à la libération du secteur d’Hennebont.

Fin août, le 3e squadron rejoint Briare sur les bords de Loire et le commandant Puech-Samson lance des patrouilles en direction de Tours et Blois puis vers Issoudun, Vierzon et Châteauroux. A bord de sa jeep, Jean Gérard participe alors à des attaques de convois et assurent également les liaisons entre les différents pelotons ce qui l’amène à Ouzouer-sur-Trézée où il fera la connaissance de sa future épouse.

Après quelques mois de repos en Champagne, le bataillon est appelé en renfort dans les Ardennes. Affecté au peloton du sous-lieutenant Maurice Richard, Jean participe à des patrouilles vers Hatrival puis Saint-Hubert et Steinbach. Les hommes rivalisent alors d’audace et d’ingéniosité pour ramener des prisonniers car ils ont engagé une compétition avec le peloton Taylor.

Démobilisé en septembre 1945, il travaillera ensuite comme électricien et également comme éclusier à Ouzouer. Avec Jean-Dominique Paoli, nous avions eu le grand plaisir de retrouver Jean Gérard en 2009 lors de l’inauguration de la plaque commémorative à Briare.

Association des Familles des Parachutistes SAS de la France Libre. (AFPSAS cliquez ici) ( Photos AAFPSAS )

Publié le 14/06/2017

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